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TABLE DES MATIÈRES
Remerciements
In memoriam André Lacaux
Introduction, par Laurent JENNY
PREMIÈRE PARTIE : JEAN-YVES POUILLOUX
AL
D’Ouest en Ouest
Trois notes brèves
Un regard sans qualités
Le Point-du-jour
Écrire l’expérience du visible. Discours prononcé le 3 décembre 1994 lors de la soutenance de thèse sur travaux
Alexandre HOLLAN, Le bois des trois Grâces
DEUXIÈME PARTIE : ÉVEILS
André LACAUX, Continuité et discontinuité dans le parcours et l’oeuvre
de Jean-Yves Pouilloux
Claude BURGELIN, Genèse et parcours de Jean-Yves Pouilloux
Antoine COMPAGNON, Lire Montaigne avec Jean-Yves Pouilloux
Elisabeth LADENSON, Monsieur Pouilloux
Guillaume ANDREUCCI, Jean-Yves Pouilloux professeur
Guillaume BÉHAGUE, Nous n’avons pas encore su découvrir ce que c’est qu’un ami
Amélie JAOUEN, Cépage rare
Pierre LOISEAU, Hommage à M. Pouilloux
Stéphane BARTHE, Jean-Yves Pouilloux : rencontres avec la littérature
Yves DARRIGRAND, Jean-Yves Pouilloux et les cafés philo d’Orthez
TROISIÈME PARTIE : LE PENSEUR ET LE LECTEUR
Olivier GUERRIER, Autour de Montaigne, une vérité singulière
Laurent JENNY, JYP et « nous »
John D. LYONS, « Déjà, et depuis toujours » : Jean-Yves Pouilloux et
le moment de l’écriture
Patrick HOCHART, L’arbre de Jean-Yves
Jaume CASALS PONS, Pouilloux poète
Régis LEFORT, À l’écoute de l’arbre avec le poème
Charles MÉLA, Le stéréoscope intérieur
Michel SANDRAS, Jean-Yves Pouilloux lecteur des Fleurs bleues
David DIOP, Divagations dans la brousse : à propos d’un roman d’Amos Tutuola
Régis SALADO, Relire le Livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa, avec Jean-Yves Pouilloux lisant Les Essais de Montaigne
Thomas BARÈGE, Scènes d’éveil dans la poésie contemporaine : un nouveau topos poétique ?
Anne-Élodie MEUNIER, Jean-Yves Pouilloux et Pierre-Albert Jourdan
Francis JAURÉGUIBERRY, La sociologie c’est bien mais, dans bien des cas, la littérature, c’est mieux
QUATRIÈME PARTIE : AMIS POÈTES
Jacques ANCET, Montagne
Michel DEGUY, Nouvelle lune
Bibliographie sélective
Index des auteurs, des artistes et des personnalités
Tabula gratulatoria
Montaigne, Rabelais, Proust, Queneau, Borgès, Paulhan…
Les mots, les arbres, le regard.
Mai 68 et le bouddhisme.
L’université, la solitude, la poésie.
Des amis, des élèves devenus maîtres ou professeurs.
Un monde divers et ondoyant dont l’unité tient à celle d’une perception, à la vie d’un esprit universel et singulier dont la rencontre ne fut jamais sans conséquences. Cet hommage quête la présence de Jean-Yves Pouilloux, éveilleur, poète, passeur, lecteur des choses et de leur transfiguration artistique, théoricien de la littérature, ami.
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TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION. Les émotions au Moyen Âge : un objet littéraire
(Michèle Guéret-Laferté, Didier Lechat et Laurence Mathey-Maille)
PREMIÈRE PARTIE
AUX ORIGINES DE L’HISTOIRE DES ÉMOTIONS
Damien Boquet, L’histoire des émotions comme récit
Gioia Paradisi, Remarques sur l’affectivité dans le Breviari d’Amor. L’enseignement d’Augustin, le discours anti-érotique et les émotions dans le récit de la Chute
Beate Langenbruch, La Recherche sur les émotions épiques médiévales : premiers jalons
DEUXIÈME PARTIE
LES ÉMOTIONS À L’ÉPREUVE DES FORMES LITTÉRAIRES
Magaly Del Vecchio, « Grans fut li deuls, li bruis et la rançons ». La tristesse comme objet littéraire dans La Prise de Cordres et de Sebille
Lisa Sancho, La honte est-elle l’émotion d’un genre littéraire en particulier ?
Flore Verdon, Le traitement littéraire des émotions dans les lais, une caractéristique fondamentale du genre ?
Gabrielle Grandcamp, Créer, mettre en scène et susciter l’émotion. La dramaturgie des Miracles de Nostre Dame par personnages (1339-1382)
Camille Carnaille, Entre semblant et émotion
TROISIÈME PARTIE
GRAMMAIRE DE L’ÉMOTION
Guillaume Oriol, Écrire l’inintelligibilité de l’amour : analyse stylistique des métaphores « émotionnelles » chez les troubadours du trobar clus
Anatole Pierre Fuksas, Amor et crieme dans Cligès de Chrétien de Troyes, les épigrammes de Serlon de Wilton et une épître ad Lucilium de Sénèque
Sandrine Legrand, Pleurer la mort du héros : la mort d’Hector dans le Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure
Gérard Gros, La joie d’être guéri. L’expression de l’émotion chez les miraculés de Soissons dans deux Miracles de Nostre Dame de Gautier de Coinci
Claire Donnat-Aracil, « Trop a le cuer vain qui ne te sert par grant deduit ». La joie et la douceur dans l’écriture de Gautier de Coinci
QUATRIÈME PARTIE
SUBJECTIVITÉ DES ÉMOTIONS
Mireille Demaules, Entre plaisir et déplaisir : le récit de rêve et ses émotions dans la littérature médiévale
Anna Loba, « Extreme dolour et liesse ne se pevent celer ». Les émotions au service de la politique et de la morale dans l’oeuvre de Philippe de Mézières
Sébastien Douchet, « Ha Ha lets laffe at this lye ». Émotion de lecture et note marginale dans l’exemplaire BnF Res. Ye 851 des Loups ravissans ou Doctrinal moral (Antoine Vérard, 1505)
Présentation des auteurs
Les actes du premier colloque ici publié en ligne, s’interrogent, à la suite des travaux des historiens, sur la représentation littéraire des émotions au Moyen Âge. Ils tentent de saisir et de restituer la « chair des émotions qui palpite dans la chair des textes » (D. Boquet et P. Nagy, « Une histoire des émotions incarnées », Introduction à La Chair des émotions, Damien Boquet, Laurence Moulinier-Brogi et Piroska Nagy éd., Médiévales, 61, 2011). Il ne s’agit pas de dresser un catalogue ni un inventaire des émotions exprimées dans les textes médiévaux, mais bien plutôt de questionner les modes d’écriture de ces émotions, en gardant à l’esprit que le Moyen Âge introduit une nouvelle orientation dans l’approche des émotions, sous l’influence du christianisme : les passions humaines acquièrent une valeur et un sens nouveaux sous l’éclairage de la Passion du Christ.
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Traversé par des polémiques intellectuelles dont l’argument central est l’accusation d’hérésie, le XIIIe siècle, profondément marqué par l’idéologie du concile de Latran IV, voit émerger un nouveau mode de relation entre le lettré, clerc-poète, et son lecteur laïc. Cible d’un discrédit généralisé mais passeur de doctrine et éveilleur de foi, le lettré assume sa posture paradoxale et en joue. Tirant parti des possibilités offertes par la matérialité du livre et le développement de la lecture individuelle, il multiplie à son tour les modalités paradoxales d’écriture afin d’entraîner son lecteur dans une interaction qui n’est autre qu’une expérience de liberté partagée : conquête et légitimation de la parole d’autorité se construisent par le complexe agencement du processus de transmission doctrinal. Ce livre, en analysant et en confrontant les itinéraires de lecture que sollicite un corpus d’œuvres de langue d’oïl et de langue d’oc choisies à dessein pour leur diversité formelle, met au jour le rôle inédit de la littérature en langue romane, qui redouble l’entreprise apologétique de l’institution ecclésiale sans adopter ses méthodes coercitives.
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Souvent considérée, avec la Chanson de Roland dont elle subit l’influence, comme l’une des plus anciennes œuvres littéraires en langue française, la Vie de saint Alexis prend sa source dans une légende constituée à Edesse au cours du Ve siècle. Né à Rome (Constantinople dans la réalité historique) d’une famille de très haut rang, Alexis refuse de consommer le mariage que son père lui veut imposer et s’enfuit à Edesse, où il passe dix-sept ans incognito, en prière, mortification et privations. Puisqu’à la suite d’un miracle on veut l’élever à la dignité d’évêque, il refuse cette charge et embarque à nouveau. Porté par les vents, il retourne à Rome, où il vit encore dix-sept ans, déguisé en mendiant, logeant sous l’escalier du palais de son père, sans que personne, pas même ses parents ni son épouse, le reconnaisse. Avant d’expirer, il écrit l’histoire de sa vie sur un parchemin, afin qu’on puisse l’identifier. Ce poème anonyme en ancien français, ici accompagné d’une traduction en français moderne, est l’un des plus beaux textes hagiographiques que le Moyen Age nous ait transmis.
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Table des matieres
Introduction, Valérie Fasseur et Cécile Rochelois
Première partie
Donner à voir et à entendre le sens
La ponctuation de la Bible aux XIIe et XIIIe siècles
Gilbert Dahan
Art de lire et ponctuation dans l’Ars lectoria Ecclesie (1234) de Jean de Garlande
Elsa Marguin-Hamon
Ponctuation et notation dite « musicale » : réflexion sur les frontières
Violaine Anger
Ponctuation du texte, ponctuation du chant dans le manuscrit médiéval noté : les aléas d’un dialogue en construction
Florence Mouchet
Ponctuation et lecture à haute voix : aide ou obstacle ?
Olivier Bettens
Une ponctuation rythmique ? Le cas des octosyllabes « hélinandiens »
Federico Saviotti
Mise en texte et ponctuation des rythmes lyriques latins
Pascale Bourgain
Pausa vel tractus : ponctuation, respiration et silence dans les sources de lyrique latine parisienne du XIIIe siècle
Anne-Zoé Rillon-Marne
Poésies notées du XIVe siècle : le point par le contrepoint ?
Gilles Dulong
Trois petits points. L’« interponctuation » dans les inscriptions médiévales
Estelle Ingrand-Varenne
Deuxième partie
Copistes et éditeurs à l’oeuvre
Point de fuite : la ponctuation dans les manuscrits de fabliaux et la diversité des pratiques dans un recueil du XIIIe siècle (Paris, BnF fr. 12581)
Francis Gingras
La ponctuation dans le manuscrit du Roman de Silence (Nottingham, WLC/LM/6)
Danièle James-Raoul
Lettrines et ponctuation : le cas de l’Ovide moralisé
Yan Greub
Di più minute divisioni : divisions (macro)textuelles dans le Livre des cent nouvelles de Laurent de Premierfait
Simone Ventura
Variation de la ponctuation dans une charte originale en double expédition écrite en français à Liège au XIIIe siècle
Nicolas Mazziotta
Quelques remarques sur la ponctuation des traductions en oïl du droit romain. L’exemple de la Somme Acé d’Azon
Hélene Biu
La ponctuation et ses variations dans le recueil Paris, BnF fr. 1553
Olivier Collet
Pratiques de ponctuation dans les éditions du Roman des sept sages en vers. La version K du Roman des sept sages et le style formulaire
Yasmina Foehr-Janssens
Ponctuation du manuscrit ou ponctuation critique ? Plaidoyer pour une édition à deux niveaux
Cinzia Pignatelli
Choix de ponctuation et interprétation linguistique : quelques remarques
Thomas Verjans
Ponctuation médiévale et édition moderne : le cas du chansonnier provençal L
Maria Careri
Quelques observations sur la ponctuation des éditions critiques des troubadours
Sergio Vatteroni
La ponctuation et la critique textuelle. Quelques exemples italiens
Paolo Trovato
Troisième partie
Ordre et désordre, rupture et continuité
Quand de la ponctuation dépend le remède : unités ponctuables et ponctèmes dans quelques prescriptions contenues dans les listes de « choses » du Secret des Secrets (ms. BnF fr. 1822, ch. XLVI-LIIII)
Christine Silvi
Ponctuer la géomancie de Guillaume de Moerbeke
Arnaud Sibille
Présence et absence de la ponctuation médiévale et moderne dans certains textes anglais de la fin du Moyen Age : l’embrouillement du sens
Stephen Morrison
Compilation, citation, distorsions : perplexité sur la ponctuation dans l’oeuvre
d’Aymeric de Peyrac, vers 1400
Paul Mironneau
Point d’interrogation et jeu dans le manuscrit du Jeu d’Adam (BM Tours, 927) : quelques lectures
Véronique Dominguez
Qui parle ? La ponctuation des dialogues dans quelques textes d’Eustache Deschamps
Laetitia Tabard
Ponctuation et tension dramatique : l’exemple des éditions de la chanson d’Aspremont
Blandine Longhi
La ponctuation du Roman de la Rose ou de Guillaume de Dole : remarques sur le style de Jean Renart
Vanessa Obry
Ponctuer la poésie du non-Sens : le cas des fatrasies
Jean-Marie Fritz
Long temps ne puis en ce point remanoir. La ponctuation des poèmes de Charles d’Orléans
Christopher Lucken
Contre l’édition mécanique des textes médiévaux. Quand la ponctuation devient un argument de la propriété intellectuelle
Max Engammare
Point de vue moderniste
Isabelle Chol et Isabelle Serça
Orientation bibliographique
Index des noms d'oeuvres et d'auteurs antiques, médiévaux et modernes
Index des manuscrits
Les enjeux herméneutiques de la ponctuation de l’œuvre médiévale : telle est la question posée dans cet ouvrage. Linguistes, philologues, littéraires, historiens, musicologues se répondent pour étudier des textes de genres variés en vers et en prose, en langue d’oc et d’oïl, en latin, italien et moyen anglais. Art à part entière – art du rythme, du souffle et du silence, art de la composition graphique – la ponctuation, dans ses dimensions sonores et visuelles, est comme une manifestation privilégiée de l’art de lire. De la ponctuation choisie par un copiste ou un éditeur dépend la construction du sens : depuis la renaissance philologique de la fin du xixe siècle, quelle marge de manœuvre incombe aux éditeurs de la ponctuation telle qu’elle figure dans les manuscrits, avec ses écarts par rapport aux usages modernes ? Dans certains textes, ponctuer revient à lever l’ambiguïté, à appauvrir la lecture et à trahir une polysémie intrinsèque à l’œuvre. Engageant le sens, les choix de ponctuation sont le sceau intellectuel de celui qui transcrit l’œuvre médiévale, comme de l’écrivain moderne sur son style.